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Book-club #4 :

Rhinocéros

Certains livres restent actuels, bien que les décennies filent ; Rhinocéros de Ionesco est l’un de ces livres - et il en est d’autant plus symboliquement effrayant.
Ionesco choisit le témoignage par l’absurde, parce que Rhinocéros peut (doit ?) être considéré comme une pièce de mémoire de l’un des désastres humains de l’Histoire, la seconde guerre mondiale. N’oublions pas ; lisons-le en averti à une période où l’Europe est de nouveau en proie à la peur, où les propos extrêmistes se banalisent.

Les critiques sont acerbes ou fascinées, souvent passionnées. Ionesco dérange, et c’est cette impossibilité à rester indifférent devant l’œuvre qui semble provoquer nos réactions négatives/positives - Ionesco nous touche.
Est-ce celui en qui personne ne croyait le potentiel sauveur de toute l’humanité ? Qu’est-ce que vaut l’opinion d’une personne face à la décision des masses ?

Quelques mots sur le livre finalement, si vous ne le connaissez pas encore...
Rhinocéros est une pièce de théâtre en trois actes, considérée comme emblématique du théâtre dit de "l’absurde". Nous suivons Béranger, et l’évolution d’une étrange maladie : la "rhinocérite".
L’auteur laisse l’interprétation de l’œuvre reste ouverte au lecteur.


Quelques critiques du livre :

"In Rhinocéros, Mr. Ionesco is telling an allegory for our time, which has been beset by various blighting uniformities. But he is not preaching. Nor is he concerned with the conventions of routine dramatic construction. He pokes fun unremitingly at conventional ideas, established institutions and all sorts of people, including himself. He cavorts and capers. He exaggerates wildly, and lets some of his actions run on too long. But just when he seems to be losing his touch, he discovers a new vein of fun."
HOWARD TAUBMAN, review, January 10, 1961

"Everyone who adapts, conforms, bows, obeys, who doesn’t make waves, becomes a rhinoceros. That’s what Ionesco was saying."
ELI WALLACH, quoted in The Actor’s Art

"Rhinocéros is more than a study of conformism and mass hysteria ; it is also about the betrayal of man by his own intellect : excessive respect for the laws of cause and effect, willingness to justify anything that can be proved to be inevitable. Rationalism is disguised as fatalism."
DAVID CAUTE, The Dancer Defects