Welcome to the Alliance Française de Manchester library catalogue!
Start by selecting PUBLIC ONLINE CATALOGUE under Library to see what is available to borrow.
Under CATEGORY you can select the library section you wish to browse.
You can search by keyword in French, author name or title.
Deux personnages déambulent en philosophant. On ne sait qui ils sont. On ne sait d'où ils viennent. On ne sait où ils vont. Tout ce que l'on sait, c'est que l'un est le maître de l'autre. Bientôt on se demandera lequel...
Roman
Ce roman inaugure un cycle intitulé "Le Quatuor d'Alger". L'histoire débute en juin 1830, date de la prise d'Alger par la flotte
française.
Suivent vingt années de lutte, que domine la figure de l'émir Abdelkader. Puis vient le temps d'une suprématie française sans partage.
Ces scènes d'histoire alternent avec le récit de la propre enfance de la narratrice, dans un village du Sahel.
Autour d'elles, un monde de femmes cloîtrées rêvent à d'inaccessibles rencontres amoureuses...
Pourquoi nos rois, nos empereurs, nos présidents ont-ils marié l'art de manger et l'art de gouverner ? Comment ont-ils fait de la gastronomie une démonstration de puissance et un outil d'autorité ? En quoi les mets et les vins sont-ils devenus une affaire d'Etat au pays de Rabelais ? De l'usage de la fourchette imposé par Henri III à la vente de la cave de l'Elysée décidée par François Hollande, du protocole solennel qui entourait les repas de Louis XIV à l'austérité militaire qui caractérisait ceux du général de Gaulle, des déjeuners dans le style germanopratin de François Mitterrand aux dîners à la mode des terroirs de Jacques Chirac, mais aussi de la première réception organisée en 1873 par Mac Mahon en l'honneur du Chah de Perse à la bataille pour l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco en 2010, c'est à une relecture enchantée de notre chronique politique et diplomatique que se livre ici Jean-Victor Roux. Entre fastes et fourneaux, anecdotes et chefs, révélations et menus, voici la plus inattendue des histoires de France.
Formidable Maestro des temps modernes !
Il aurait pu choisir Popaul, son surnom à la communale, Grand Jacques, comme cet autre belge à qui on le compare, ou même son vrai nom : Van Haven, trop couleur cacao à son goût : il a préféré Stromaé, Maestro en verlan.
Le ton était donné, car si Stromaé n'est pas seul dans sa tête, il n'est pas non plus seul sur scène : son choix c'est le groupe. Lui, c'est
simplement l'homme-pupitre, celui qui donne le "la" d'une symphonie bien orchestrée.
Si ce touche-à-tout de génie est inclassable et percute aussi bien le coeur des mômes dans les cours de récréation avec son Papaoutai, des victimes de chagrins d'amour avec Formidable ou des fêtards avec Alors on danse c'est qu'il ne se contente pas d'apporter sa rime : il la
déclame. Du rap à l'électro, de la rumba à la salsa, il est l'incarnation même du groove.
Stromaé fait sonner les mots comme personne. Il les sculpte, les façonne comme les flèches d'un sorcier primitif. A ces mots taillés sur mesure, dans un français classique que tout le monde comprend, Stromaé ajoute juste cette pointe de gouaille qui fleure bon la modernité. Il
suffit qu'il ouvre la bouche pour que la magie opère et envoûte. On oublie instantanément le look surlooké, la mise en scène réglée au cordeau et les gestes saccadés, pour se perdre dans ses mots et son phrasé de slameur.
Stromaé redevient simplement ce qu'il est : un chanteur formidable. Un homme vrai, sincère, dont l'extravagance nous renvoie l'image de sa
double culture : couleurs qui flashent, mouvements qui déplacent les lignes et brisent, comme fétus de paille, les idées reçues.
Pas à la mode, et surtout peu désireux d'en lancer une, Stromaé projette sa voix, son style, sa langue, ses thèmes qui font mouche en chacun
de nous, sans souci du paraître mais d'être lui-même, avec ses fêlures si semblables aux nôtres.
Ce livre vous propose de visiter ensemble l'univers de Stromaé, de découvrir ses origines, ses goûts, ses passions, tout ce qui a façonné
cet ovni, cet homme étrange venu d'ailleurs, qui enchante et réconcilie toutes les générations.
This is the story about a Parisian suffering from an illness who wonders whether he is going to die. His condition makes him look at things
and the people he encounters in a whole new way. The fact of envisaging death suddenly gives value to his life, the lives of others, along
with the life of the whole city. Truck farmers, a baker, a social worker, a dancer, an architect, a homeless person, a professor, a model,
and an illegal Cameroonian immigrant, despite having next to nothing in common, all find themselves united in this city and this film. You
may think there is nothing special about them, but for each of them, their lives are unique. You may think that their problems are insignificant, but, for them, there could be nothing more important in the world.
Source: https://www.unifrance.org/film/27913/paris
Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu'il faisait chaud. On n'en
tirera rien d'autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l'annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre
avant la fin.
Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l'universelle équivalence du tout et du rien.
La conscience de n'être sur la terre qu'en sursis, d'une mort qui, quoi qu'il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre
chose qu'indifférent à tout après ça ?
À soixante-cinq ans, il est à l'âge des bilans. Elle en a moitié moins et rumine son chagrin. Celui d'avoir été plantée là avec ses deux filles par un mari volage parti pour une "femme moins usée."
A priori, Pierre et Chloé n'ont pas grand chose à partager. Il en décide pourtant autrement, emmenant sa belle-fille sur un coup de tête pour quelques jours à la campagne. Au fil d'un long dialogue, ils vont peu à peu se livrer.
Tombe alors le masque du "vieux con" autoritaire et hautain attribué un peu hâtivement par Chloé à son beau-père. L'homme renfermé
aux jugements définitifs révèle une blessure et une sensibilité à fleur de peau, tandis que la jeune femme pleine de vie reprend le dessus sur l'épouse éplorée.
"On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y
attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder..."
A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé?
Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. A sa manière:
plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas
été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a
tout gâché.
Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. Il
déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. "Allez... C’est fini. C'est fini, tu comprends ? "
Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et
projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout
duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.
roman
Au pays de Tèrè, circonscription d'une jeune République africaine, on se désole de voir les jeunes préférer la ville et s'y exiler. Zan, fils de Numukè, un des trois Chefs du village, découvre avec stupéfaction au Musée national la statue du Komo, volée au temps de la colonisation, et le révèle à son père. Après délibérations, les trois Chefs décident de réclamer aux autorités la restitution de cette statue, symbole de leur identité. Mais celles-ci, et le Ministre de la Culture en particulier, leur opposent une fin de non-recevoir sous prétexte que ce serait aller contre le progrès et la démocratie. Les trois Chefs font alors appel à tous les " Komoden ", enfants du village dispersés de par le monde, et ceux-ci se retrouvent le jour dit au village pour une action épique... La modernité oublie les privilèges ancestraux. La " révolte du Komo " va bouleverser la vie politique, culturelle et religieuse de tout le pays. Ironie, burlesque, humour seront les armes des révoltés.
Un CD audio, des documents iconographiques, un essai critique pour découvrir ou approfondir la connaissance de l’oeuvre de Patrick Chamoiseau, que l’attribution du Goncourt pour Texaco a fait connaître du grand public en 1992. De Manman Dlo contre la fée Carabosse (1982) aux Neuf Consciences du Malfini (2009) l’écriture de Patrick Chamoiseau est à la fois une chevauchée à travers les espaces froids du temps et de la mémoire et le déploiement d’une vigilance. Chacun de ses livres nous plonge dans une intempérie, historique, morale, humaine, mémorielle, langagière, culturelle ou écologique, toujours à l’aplomb des "jonctions discordantes", des inégalités infiniment perpétuées. Samia Kassab-Charfi nous convie à une lecture de cette oeuvre, à la découverte d’un imaginaire et d’un style puissamment nourris de la source créole, portant l’engagement politique et social qu’on lui connaît. Une lecture au fil de laquelle se dessinent les multiples facettes de l’un des plus grands écrivains contemporains : Patrick Chamoiseau, le polémiste, le Marqueur de paroles et le Guerrier de l’imaginaire qui tient à "demeurer à chacun de (s)es gestes sous l’aube claire d’une éthique" et pour qui "les histoires ne servent qu’à habiller l’indéchiffrable du monde". CD audio inclus : 1 heure d’enregistrements issus des archives sonores de l’INA viennent en écho et complément de l’essai.
Roman
" La poésie baigne l'œuvre de Mohammed Dib, dont la langue et les thèmes ne cessent de tendre à une sorte de plénitude. Des Terrasses d'Orsol on voit très bien se déployer, avec les ressources d'un lyrisme très sûr, cet horizon captivant à force d'incertitude, troublant par sa beauté et qui est le sien depuis toujours. On peut songer au Rivage des Syrtes. Mais le roman de Dib recèle plus de folie, et plus d'inquiétude aussi que la grande fable de Gracq. On y est pris par un charme, par le pouvoir d'évocations radieuses, par le tragique éclatant d'une disparition: identité, mémoire. Il serait temps, enfin, de consacrer la permanence d'un talent. " Claude Michel Cluny, Le Quotidien de Paris.
Roman
Le sommeil d'Eve, c'est la nuit de Loup qui viendra prendre possession de Faïna, l'héroïne de ce roman. Elle croit aimer Solh. Mais c'est ce
loup qu'elle aime, car Solh n'a rien de commun avec un loup. (Sait-on jamais ce qu'on est? Mais le loup, sait-il qu'il est un loup?)
Et Faïna rencontre la folie. Ils parlent chacun, elle ou lui, pour soi et en l'absence de l'autre. Parfois ils se perdent dans le labyrinthe
de leur parole. Parfois sa parole à elle fait de loin écho à sa parole à lui, ou vice versa. Ils se sont parlé aussi, à des moments, mais
non pas au moment où ils disent leur histoire. Le sommeil d'Eve, c'est le roman d'une possédée.
Roman
En dix nouvelles, reliées par le fil du récit d'ouverture, l'écrivain algérien Mohammed Dib conte la difficulté permanente qu'éprouve l'homme à accepter sa condition. Le Sourire de l'icône ? tel est le titre de ce premier récit ? est placé sous le signe d'Oedipe, qui trouve son double en la personne de Rassek, vieux Russe de retour chez lui après quinze années passées en déportation, sur dénonciation de sa femme ; de l'impossible dialogue entre les époux, de leur confrontation faite d'amour, de haine et de peur, naîtront des situations pathétiques, proches de l'absurde, et qui trouveront écho dans les autres nouvelles du recueil. Çà et là, on y voit une mère en douleur guetter l'impossible retour de son fils, des hommes lutter en vain contre le désert, des jeunes dés?uvrés choisir la voie de la violence, des Algériens être confrontés quotidiennement à une mort sournoise et aveugle? Il en ressort que, par-delà les cultures et les imaginaires, les individus sont engagés dans un même combat entre culpabilité et pardon, raison et passion ; de cette lutte, qu'elle soit ancrée dans les villes ou dans les banlieues, dans les déserts ou sur les cimes enneigées, il ne reste au final qu'un bruit sourd : celui des âmes des morts qui virevoltent comme un essaim d'abeilles.
Roman
Le Sacré, le Cul, la haine raciale : les trois axes qui parcourent Fuck sont ceux qui ont permis à l'Amérique d'accoucher d'un Rock & Roll à son image et, surtout, l'inverse.
Le reste, l' « american graffiti » ressassé à longueur de pubs Levi's, les grosses bagnoles, le milk-shakes et les petites pépés, tout ce fatras ne vient que longtemps après : c'est Épinal, c'est Saint-Sulpice, c'est Faurisson.
Mais avant ça, pour une nation de pauvres diables lâchés sur un ctintinent démesuré, tout commence par la rage d'idolâtrer à tout prix, par la fureur de jouir, par la honte d'avoir envie d'être noir et, censément, d'en avoir une grosse:
Ça fait deux cents ans que ça dure et, passant sans prévenir de l'essai au roman et du roman-feuilleton au pastiche de potache, Fuck vérifie
que ça n'est pas près de cesser. Pour ce faire, le livre enrôle une poignée de personnages portemanteaux, agités, chacun dans son coin,
d'une côte à l'autre et du Nord au Sud, tout au long d'une nuit d'été de la fin des années 80. Mais qu'on se rassure : les vrais héros de
Fuck ne sont pas un bagnard évadé, un rappeur bègue, un hard-rocker casuiste ou une fugueuse qui fait le trottoir. Les vrais héros de Fuck
sont en fait Dieu, nos libidos et le Racisme, cette chère vieille « bête immonde ». Ce qui, on s'en doute, donne illico à lire des pages un
peu plus corsées
«Avant d'y arriver, je savais que ma présence au bord du Jourdain, sur les bases palestiniennes, ne serait jamais clairement dite : j'avais
accueilli cette révolte de la même façon qu'un oreille musicienne reconnaît la note juste. Souvent hors de la tente, je dormais sous les
arbres, et je regardais la Voie lactée très proche derrière les branches. En se déplaçant la nuit, sur l'herbe et sur les feuilles, les
sentinelles en armes ne faisaient aucun bruit. Leurs silhouettes voulaient se confondre avec les troncs d'arbres. Elles écoutaient. Ils,
elles, les sentinelles.
[...] Dans une tragédie de Shakespeare des archers tirent des flèches contre le ciel et je n'aurais pas été surpris si des feddayin d'aplomb
sur leurs jambes écartées, mais agacés par tant de beauté en forme d'arc s'arrachant à la terre d'Israël, eussent visé et tiré des balles
contre la Voie lactée, la Chine et les pays socialistes leur fournissant assez de munitions pour faire dégringoler la moitié du firmament.
Tirer des balles contre les étoiles cependant qu'elles sortaient de leur propre berceau, la Palestine ?»
A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Une véritable petite saloperie se balade dans la nature et il ne s'agit plus seulement de sauver quelques milliers de vies humaines. L'Etat français, ou certains de ses représentants, est prêt à tout pour éviter ce qui pourrait être une hécatombe comme un formidable scandale. Il y a des jours où l'Histoire avec un grand H tape à votre porte et l'esquiver ne sert à rien. La jeune journaliste Amel Balhimer ou l'apprenti jihadiste Karim ne le savent pas encore mais leurs destins sont désormais bien au-delà de l'ordinaire raconté au 20 heures. Un homme, ailleurs, braque la lunette de son fusil high-tech sur la fenêtre éclairée d'une ferme. Démarre alors un effarant compte à rebours...
Roman
Il a connu en Algérie, dans son enfance, la misère et la guerre. Il est courageux, digne, discret comme doivent être les hommes. Ouvrier dans une fabrique de papier, à Avignon, il a travaillé dur pour élever ses enfants. Ils ont tous réussi, sauf un fils. Pourquoi ?
Pourquoi ce silence entre eux comme si un vide les séparait ? Il part le rejoindre en car, plein d'appréhension et de questions auxquelles
il ne sait pas répondre. Un incompréhension entre un père et son fils, qu'a-t-elle de spécifique lorsqu'il s'agit d'immigrés de la première
et de la deuxième génération ?
L'Oum-er-Bia
Surgie du désert et de la nudité, une armée ivre de lumière suit le cours del’Oum-er-Bia. En cette année 681, la religion musulmane est une
parole naissante, une clameur nouvelle : Le général arabe Oqba Ibn Nafi rêve « d’ensemencer les hommes et la terre des hommes avec les graines de Dieu », de déployer l’étendard vert du Prophète dans le ciel d’Afrique du Nord.
De l’autre côté des montagnes, la communauté berbère des Aït Yafelman vit et, depuis des siècles, forge, pêche, travaille sous le signe du
poisson et de l’étoile. Les habitants d’Azemmour se doutent-ils que les nouveaux envahisseurs ne sont pas venus pour conquérir leurs biens,
mais pour
changer leur âme ?
Quelle arme sauront-ils opposer au chant des cavaliers d’Allah,portés à leur rencontre « comme autant de vagues de foi lancées au galop » ?
Détruire son père.
En faire un petit tas de cendres au fond d'une urne. Comme du sable. De la poussière anonyme et sans voix. Cela peut sembler facile à une
époque où la jeunesse tuait ses pères en écoutant Joan Baez et Donovan. C'est impossible pour Jean Calmet, professeur de latin à Lausanne.
Comme il vient d'assister à la crémation de son père, les fantômes et les outrages du passé reviennent le tyranniser. Dans ce livre qui
obtint le prix Goncourt en 1973, Chessex déroule le fil d'une vie dévorée par un ogre jouisseur et tonitruant, qui aura volé le plaisir de
vivre à sa progéniture et crédité sa lâcheté.
Un père ne meurt jamais...
A la mort de sa mère, Rolande Caspar doit s'engager comme fille de ferme; elle deviendra ensuite couturière et mènera une vie modeste en ayant soin de son fils handicapé. L'histoire d'un amour filial exclusif qui conduit à la folie et au désespoir.
Avril 1598. Alors que toute la cour est réunie à Angers, à quelque temps de la signature de l'Edit de Nantes, des morts mystérieuses s'accumulent dans l'entourage de Pierre Forget, secrétaire d'Etat de Henri IV. Espagnol, Italien du pape, ligueur fanatique, huguenot enragé ? Quel masque porte l'assassin ? Quel rôle joue la favorite du roi, la duchesse de Vendôme ? Le grand prévôt, François d'Anthenac, et son fidèle second, Jacques Dagan, mènent l'enquête...
Le bourreau de Portland, qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper, est mort. Pourtant, le carnage continue. L'inspecteur Joshua Brolin, qui avait mis ce monstre hors d'état de nuire, doit aujourd'hui poursuivre son double. Cette fois, l'espoir n'est plus permis : le Mal a une grande famille et ses frères sont légion.
Aden Seliani est entré par effraction dans la mémoire d’un cerveau informatique, dont le langage le tient hors de portée de lui-même. Mais une circonstance accidentelle l’oblige au retour longtemps différé à son passé. Fils d’immigré d’Europe de l’Est, il revient à la banlieue de son enfance où se meurt Iana sa mère ; trois jours et nuit de déplacements urbains anarchiques lui font franchir les frontières intérieures que nul ne franchit sans risques. De Kerin, sa femme irlandaise à Owen à son boss américain, de Otar, le fantôme du père, à Li Song, réfugiée vietnamienne, à son vieux professeur de collège qui rôde dans les gares, il n’a d’autres témoins de sa conscience éclatée, ni d’autre ailleurs à espérer que lui-même. Sauf à explorer les atteintes de la mémoire et leur corollaire, le refus de l’Histoire, et à retrouver un langage humain qui lui permette de s’adopter, enfant du siècle.
La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants
et sourit amèrement. Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était
uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la «beauté» de l'éléphant, de la «noblesse» de l'éléphant, c'était une idée d'homme rassasié.
Grand roman humaniste et écologiste, il raconte le drame des éléphants dans la savane africaine.
"Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd'hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres
vingt qui n'aime rien tant que de s'enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une
Noire de la Guyane française, comme son nom l'indique. J'ai lu tout ce qu'on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j'ai appris qu'il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté ce nom, à cause de la gloire nationale et du racisme aux armées en 1905. Comme ça,
personne n'ose les toucher."
Michel Cousin, employé de bureau, s'éprend d'un python. Cette étonnante fable humoristique, premier roman de l'auteur sous le pseudonyme
d'Émile Ajar, paraît en 1974. Mais la version publiée ne correspond pas à son projet initial. Réalisant le souhait de Romain Gary, cette
nouvelle édition donne en supplément l'intégralité de la fin originale, quand la faiblesse s'éveille.
Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est laissé pour mort sur une plage d’Australie. Son équipage, attaqué par les indigènes, est reparti sans se préoccuper de son sort. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière des aborigènes et a perdu l’usage de la langue française. Là commence la légende du « sauvage blanc ». Que s’est-il passé pendant ces dix-sept années ? Comment devient-on « sauvage » ? C’est l’énigme que tente de résoudre Octave de Vallombrun qui recueille le sauvage blanc à Sydney et obtient du consul de France qu’il lui soit confié à fins d’étude et de rééducation. Une tâche qui va s’avérer semée d’embûches en ce XIXe siècle où l’anthropologie n’est pas encore inventée et où les préjugés raciaux et le positivisme dominent la pensée. Dans ce véritable roman d’aventures, enlevé et entraînant, les chapitres sur l’enquête de Vallombrun alternent avec le récit du déroutant séjour de Narcisse Pelletier parmi les sauvages, où il va peu à peu perdre son identité. Une relecture originale du mythe du « bon sauvage ».
Dans le bureau de feu Thomas Colbert, un magnat du commerce maritime, Philippe Zafar, le jeune préposé au classement des archives, découvre un bref texte manuscrit, fort compromettant pour celui qui s’en avérerait l’auteur.
Aveux déguisés du défunt? Exercice littéraire sans conséquence? Philippe Zafar se lance dans une enquête qui va vite prendre une dimension à laquelle rien ne l'avait préparé.
On retrouve dans ce roman d’aventures, déployé sur un siècle et trois continents – de l’Amérique du Nord aux tropiques –, l’écriture vive et
talentueuse de François Garde dont le précédent livre, Ce qu’il advint du sauvage blanc, a été récompensé par huit prix littéraires, parmi
lesquels le prix Goncourt du premier roman.
Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s'enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville.
Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café.
Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre...
Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser
notre douleur. C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les
plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, son nouveau roman nous emporte dans un
"voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant.
Lorsque commence le récit, Luciano Mascalzone, un traîne-savate vivant de petites rapines, revient après quinze années de prison à
Montepuccio, un village des Pouilles aux façades sales où les heures passent dans une fournaise qui abolit les couleurs. Autour, ce ne sont
que collines et mer enchevêtrées. « Il m'a fallu du temps mais je reviens. Je suis là. Vous ne le savez pas encore puisque vous dormez. Je
longe la façade de vos maisons. Je passe sous vos fenêtres. Vous ne vous doutez de rien. Je suis là et je viens chercher mon dû. » Son dû,
c'est Filomena Biscotti, une femme qu'il désire depuis qu'il l'a rencontrée et dont le souvenir n'a cessé de le hanter. Ce que Luciano
ignore, c'est que celle qui lui ouvre sa porte et qui se laisse dépuceler est la sœur cadette de celle qu'il convoitait, Immacolata. Battu à
mort par les villageois, il meurt dans le dégoût du monde. Immacolata donne naissance à un fils. C'est ainsi que naît la lignée des
Mascalzone, qui portera le nom de Scorta : d'une erreur, d'un malentendu. « D'un homme qui s'était trompé. Et d'une femme qui avait consenti à ce mensonge parce que le désir lui faisait claquer les genoux. »
Avec une imagination qui semble avoir atteint son apogée, inondée de fraîcheur et poussée par la musicalité d'un style irréprochable,
Laurent Gaudé raconte l'existence des Scorta de 1870 à nos jours. Chronique d'une famille qui vivra certes pauvrement, mais dans l'éternel
désir « de manger le ciel et de boire les étoiles », Le Soleil des Scorta est une fresque vivante et volcanique.
A La Nouvelle - Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.
" Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes. "
Pour fuir leur misère et rejoindre l'" Eldorado ", les émigrants risquent leur vie sur des bateaux de fortune... avant d'être
impitoyablement repoussés par les gardes-côtes, quand ils ne sont pas victimes de passeurs sans scrupules. Le commandant Piracci fait partie de ceux qui sillonnent les mers à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Mais la mort est-elle pire que le rêve brisé ? En recueillant une jeune survivante, Salvatore laisse la compassion et l'humanité l'emporter sur ses certitudes...
Geneviève de Gaulle Anthonioz, déportée à Ravensbrück, écrit, plus de cinquante ans après, le récit des mois passés au secret, dans le cachot du camp, exclue parmi les exclues. Pourquoi écrire aujourd'hui seulement ? Cette traversée de la nuit est-elle à l'origine des choix de sa vie future, cette attention portée à ceux qui sont victimes d'exclusion ? A ces questions l'auteur ne répond pas. C'est la simplicité même du récit et la stupéfiante fraîcheur d'une mémoire inguérissable qui témoignent. De cette expérience intérieure nul ne peut sortir indemne.
"Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes...
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..."
Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère.
Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n'auraient jamais dû se
rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour - appelez ça comme vous
voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber,
ils s'aident à se relever.
Roman
L'idee de Samuel etait belle et folle: monter l'Antigone de Jean Anouilh a Beyrouth. Voler deux heures a la guerre, en prelevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scene de fortune, entre cour detruite et jardin saccage. Samuel etait grec. Juif, aussi. Mon frere en quelque sorte. Un jour, il m'a demande de participer a cette treve poetique. Il me l'a fait promettre, a moi, le petit theatreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis alle a Beyrouth le 10 fevrier 1982, main tendue a la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne.
Ce n'est pas tout de quitter sa femme, encore faut-il aller plus loin. Félix Ferrer part donc faire un tour au pôle Nord où l'attend, depuis un demi-siècle, un trésor enfoui dans la banquise.
On a dû insister pour qu'Émile se mette à courir. Mais quand il commence, il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d'accélérer. Voici l'homme qui va courir le plus vite sur la Terre.
Shimura-san vit seul dans une maison à Nagasaki. C'est un homme ordinaire dont la vie est marquée par l'ordre et la mesure. Depuis quelque temps, il remarque que de la nourriture disparaît de ses placards. Il installe une caméra et finit par apercevoir l'intruse. Après un temps d'observation, il appelle la police qui arrête cette femme : elle avait trouvé refuge chez lui au cours de son errance.
Barbara de Brandebourg, princesse mantouane «aux yeux las et jaunes, étirés vers les tempes comme ceux des chats», ainsi qu'elle l'écrit
elle-même au sujet de son portrait par Mantegna, est une femme mystérieuse. Je ne puis ni ne veux raconter ici - et encore moins résumer -
l'histoire de sa vie.
Le lecteur est condamné à passer son chemin, ou à lire ce livre pour assouvir sa curiosité. Je peux seulement lui promettre qu'il sera
étonné, sans en dévoiler la cause.
- Adieu, mon ami, mon cher ami! Je ne vous reverrai jamais! C'était ma dernière démarche de femme... Et elle le baisa au front comme une mère... Elle défit son peigne; tous ses cheveux blancs tombèrent. Elle s'en coupa, brutalement, à la racine, une longue mèche. - Gardez-les! adieu! Quand elle fut sortie, Frédéric ouvrit sa fenêtre. Mme Arnoux, sur le trottoir, fit signe d'avancer à un fiacre qui passait. Elle monta dedans. La voiture disparut. Et ce fut tout.
écrivains de toujours
Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J'ai tout essayé... J'ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J'ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux... Et puis, j'ai fini par comprendre.
" Mon papa était docteur. Il soignait les gens, des gens pas riches, qui souvent ne le payaient pas, mais ils offraient un verre en échange, parce que mon papa, il aimait bien boire un coup, plusieurs coups même, et le soir, quand il rentrait, il était bien fatigué. Quelquefois, il disait qu'il allait tuer maman, et puis moi aussi, parce que j'étais l'aîné et pas son préféré. Il était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait beaucoup bu. Il a jamais tué personne, mon papa, il se vantait. "
Roman
Cody doit sortir de prison. Tom est chargé de l'aider à retrouver l'équilibre dehors. Entre eux, il y a ce seuil à franchir, le monde à ré apprivoiser. Les gens libres n'imaginent pas la somme mélancolique de connaissances et de familiarités qui vous écrase le cœur après des années s'habiller, réclamer son dû, imaginer un emploi du temps. Ce n'est pas juste qu'un homme ait à souffrir des choses idiotes et douces de l'existence quotidienne. Et comme la plupart d'entre nous, Tom n'a pas prévu d'aider l'autre au-delà d'une certaine limite - à ce point mystérieux où l'exigence absolue en même temps que très précaire de la fatigue d'autrui nous entraîne vers une violence inconnue. Comme il est facile de perdre patience dans l'exercice toujours inachevé de la réciprocité ! Comme on y perd vite le goût d'être un ami, quelqu'un sur qui l'autre peut compter ! Celui que découragent les plus petits détails de l'existence, avec son lot quotidien d'idioties savantes, a soudain quelque chose d'un gros monstre pathétique dont on ne sait plus quoi faire...
Roman
"Édith avait le don, que je jugeais diabolique, de la compassion. Elle me le prouva en me proposant gentiment de rester, de dormir dans la chambre de l'enfant. Elle ne voulait pas que je rentre en pleine nuit, ce n'était pas raisonnable. D'un geste calculé, apparemment machinal, elle défit ses cheveux [...] mais je n'étais pas dupe. je savais qu'il ne nous arriverait rien. Nous ne serions pas amants. [...] La nuit était immense, et je dus m'élancer avec courage, tenant fermement le guidon de ma bicyclette. Édith suivit des yeux la lueur de mon phare, jusqu'à ce qu'elle se sentît délivrée de tout regret, de toute tentation, comme rappelée à Dieu"